Provoquer les déclics pour faire face aux risques

Groupe de chant

Anna, rencontrée lors de son stage à Val Thorens, me ramène à l’été 2008, à nos éclats de rire dans la cuisine de la centrale de Réservation de cette destination haute en couleur !

Déjà la joie éclairait son regard curieux et sa culture alimentait nos échanges passionnants.

A lire en écoutant «  Work your way out » interprétée par Ani Di Franco

Bio
engagée

Responsable d’une communauté d’experts en économie circulaire, qu’elle anime et développe comme un projet entrepreneurial, Anna aime définir ses sujets par contre-points. L’économie circulaire se comprend à l’opposé de l’économie linéaire. Elle fait en sorte de consommer un minimum de ressources, de réduire la pression sur les ressources naturelles et humaines, et aussi de recréer un maximum de boucles, pour qu’il y ait le moins de déchets possible.

C'est une
économie

pour que chaque entreprise, collectivité ou territoire devienne plus résilient dans un environnement d’incertitude et de changement climatique. Circulab : Kesako ?
une petite entreprise de dix personnes, qui propose une méthode en économie circulaire et résilience d’entreprise, incarnée par un studio de design d’économie circulaire, un organisme de formation et une communauté d’experts, en France et à l’international.

Joyeusement
vrai

« On me dit souvent qu’on ne ressemble pas à d’autres organisations, quel beau compliment ! C’est satisfaisant d’être sur une rupture qui permet de mettre les choses à plat, de manière éthique et concrète.
On est là pour voir les choses en face. » 

Cela lui fait très plaisir que son approche vraie, qui ressemble à rien d’autre, plaise.

visite au musée

Sa vision de ce qui nourrit la joie

Pour comprendre où est la joie au travail, Anna m’interpelle sur la définition du travail.
Serait-elle antinomique avec celle de la joie ? D’un côté, des devoirs, rendre des comptes, répondre de ses actes c’est l’une des faces du boulot.

Et puis, de l’autre, il y a l’envie de bien faire son travail, de satisfaire des gens, de leur apporter des réponses. Il y a la stimulation intellectuelle aussi, l’exploration et la possibilité de sortir des chemins battus, et là on se rapproche de l’émotion de la joie.

Les sources de joie d’Anna :

  • A titre individuel, et en toute sincérité avec l’émotion, Anna est en joie profonde ailleurs, avec son mari, sa famille, ses amis. Elle me parle de la joie au sens le plus vrai.

  • Au travail, elle préfère évoquer les sources de satisfaction :

    • Les journées évènementielles qu’elle imagine et que sa communauté attend avec impatience. Un format dédié aux interactions humaines, avec un minimum de présentation pour laisser du temps aux jeux, aux échanges, on fait des expériences en petits groupes. Volontairement il y a très peu de technologie. Les petits papiers, les dessins, les conversations en face à face remplacent les écrans.
    • Le travail dans une petite équipe permet d’être à l’écoute, tous étant engagés sur les mêmes valeurs.
    • Une organisation proche d’une prise de décision horizontale, chacun est responsable de son périmètre avec une prise de décision rapide, avec ses moyens, une acceptation que rien n’est parfait mais que les choses avancent.
    • Une intelligence d’organisation qui simplifie le quotidien et le choix d’outils à la bonne dimension, le no-code ou des alternatives éthiques aux géants américains. Renoncer à des outils digitaux sur-dimensionnés et opter pour des outils -où chacun peut arriver à être autonome.
    • La clarté sur tout , tu sais ce que font les autres. La connaissance des besoins de chacun pour travailler ensemble en respectant les spécificités : anticipation versus spontanéité. Pour elle, c’est avoir la possibilité de planifier et de se projeter sur le travail dans la durée.
    • L’expérience collective d’optimisation du travail sur une semaine de 4 jours, malheureusement suspendue au bout de 9 mois, était ce vrai plus apportant le confort et un renouvellement de l’énergie de toute l’équipe qu’elle espère retrouver à l’avenir.

J’apprends avec Anna ce qu’est au quotidien, une organisation frugale .

Une organisation qui amène autonomie et stratégie de petits pas. Il y a de la joie dans sa fierté de m’expliquer ce fonctionnement. C’est satisfaisant d’avancer concrètement par itération, cela réduit le stress d’une stratégie de pas de géant, dont le résultat est certes élevé mais incertain.

  • Les rituels d’une équipe réunies par des valeurs communes : cela va de l’adoption d’un composteur au bureau au partage de repas éthiques. La cuisine et les jeux de société sont des moments fétiches : les jeux de bluff marchent très bien, comme « pigeon/pigeon » pour s’amuser, fédérer.

Portrait poétique polyphonique

Regard aussi clair qu’un ciel d’hiver. L’espiègle étincelle de son intelligence,
Me fait déjà sourire. Boulot et joie, sans cynisme est-ce antinomique ? Eclat de rire. Relativiser la difficulté actuelle, elle sait faire Quand on a grandi dans ce pays immense à l’ère post-soviétique Et mangé des patates pendant des mois par temps de crise Cela n’avait rien de catastrophique Avec franchise, il faut se le dire On s’en sort avec débrouillardise et coopération

S’en sortir comme ça en se soutenant Il n’y a rien d’extraordinaire Comme dans sa chorale polyphonique, Chacun contribue avec sa tonalité et ses possibilités à l’énergie collective.


Ses punchlines

« Comment choisir une structure qui fait sens pour moi ? Pas en se focalisant sur les expériences passées mais peut-être en faisant un pas de côté pour mettre en valeur ses potentiels et ce qu’on saurait faire. »

« Une acceptation que rien n’est parfait mais que les choses avancent ce qui est tellement plus intéressant que le tout ou rien. »

La joie fait-elle avancer ?

A quel moment tu imposes la joie pour que ça marche ?

Comme quand tu te forces à sourire régulièrement, les machins chimiques fonctionnent, alors même sans raison de sourire ?

Décider de rester optimiste et joyeuse permettrait-il de débloquer les choses ?