Une journée sans rire est une journée perdue

Femme assise

Rencontrer Christine sur ses terres hélvétiques, c’est aborder avec entièreté la joie de la découverte. Entre praticiennes narratives, la confidence se tisse avec sincérité et authenticité.

Nous avons le goût commun pour l’écoute et la capacité à se saisir d’une étincelle de joie. Les fous rire enchantent vite son témoignage sans minimiser les difficultés qu’elle a su traverser.

A lire en écoutant «  Hungry heart » de Bruce Spingsteen

Bio
d'une femme unifiée

"Je suis la même, professionnellement que personnellement". Enseignante spécialisée pendant 20 ans, Christine a accompagné des adolescents rejetés de partout (12-17 ans), ces "invisibles" que personne ne voulait. La joie n’y était pas toujours, elle s’est évertuée à la trouver.

Le burn-out
colérique

Sa mission est interrompue par un burn-out colérique, comme elle le nomme, «  Il me permet de m’assoir au bord de ma vie » . L’occasion de regarder la vie, la sienne, celles des autres tourner sans elle.
Ce temps d’observation l’amène à se réinventer : école de coaching, pratiques narratives, elle propose ensuite du dépannage éducatif pour les familles en déroute.

Transmettre
ses outils

Aujourd’hui, elle forme des civilistes suisses– ces jeunes qui choisissent (18-28 ans) le service civil plutôt que l’armée – pour les outiller à accompagner enfants et adolescents. Une double casquette : formatrice aguerrie et coach, transformatrice des salles de classe en laboratoires d’humanité, où l’humour est sa baguette magique pour réunir des profils très différents.

Dessin de petits papiers

Anecdote intense : défier le système pédagogique pour le raccrocher au wagon

Ali, du haut de ses 12 ans provoque sa prof. Dans son foyer, ce gamin au « sacré caractère » refuse catégoriquement de travailler. Pendant trois semaines, elle tient bon : « Tu ne veux rien faire ? Etre assis sur ta chaise c’est faire quelque chose, alors tu va rester debout. Pas de chaise, pas de piscine, pas de pause – juste debout, à côté de moi. » Le quatrième lundi, Ali craque : « Madame, vous avez gagné. » Et là, miracle : il se met au travail avec une énergie folle, et un lien unique naît.

« On a eu deux ans ensemble après ça », raconte-t-elle, les yeux brillants. La joie ? Pas seulement dans la victoire, mais dans cette alchimie : une conviction tenace et une règle de travail et de vie. 

« Si je lâche, c’est foutu, je dis ce que je fais et fais ce que je dis. »

Les sources de joie de Christine :

Pour Christine, la joie au travail est une évidence indispensable : « Être avec eux, voir une pépite sortir, leurs yeux qui s’illuminent, c’est joyeux ».

Avec elle, le franc-parler libère, avec cette conscience que chaque mot, chaque interaction, a un impact profond.

La condition de départ pour faire du bon travail avec les jeunes en collectif, Christine la résume efficacement « Si tu ne les aimes pas, ça ne marche pas !

  • Une méthode : Un cadre flexible où les avis comptent, où l’on peut proposer des alternatives (« Si ça reste dans le cadre, je suis ouverte »), et où l’écoute active prime.
  • Une exigence sur l’impact des mots et le devoir de transparence. Tout peut être dit clairement, avec humour.
  • L’humilité : accepter d’apprendre de ses élèves

Portrait qui fait tilt !

Quand l’engagement n’est pas reconnu
Quand la charge est trop lourde à porter seule, le burn-out colérique la couche mais la sauve.
Est-ce mieux qu’un burn-out triste ?
Nul ne le saura ! Cette colère était là, avant la tristesse.
Alors, elle apprend à s’asseoir au bord de sa vie. La terre tourne sans elle,
Elle prend le temps qu’il lui faut pour renouer avec sa joie
Et, enfin, être avec eux.
Retrouver son public en reliant une nouvelle génération de jeunes engagés pour servir la société au service de jeunes désengagés exclus de la société.
Elle rêve en secret d’écrire pour eux, sur eux, d’utiliser ses notes, ses portraits qu’elle a dans la tête.
Les petits papiers gardés, leurs mots, pour raconter, partager ce précieux vécu.
En toute transparence, une valeur essentielle pour elle.


Ses punchlines

« Ressourcer les liens qui amènent l’ouverture et le sourire aux gens…
S’assoir au bord de sa vie devrait être donné à tout le monde.
La joie, c’est quand ils se sentent pris au sérieux . »

Leurs sourires en parole, les mots des jeunes :
« Un discours plus lisse n’aurait pas le même effet…
Les civilistes ne se confieraient pas autant si tu n’installais pas cette atmosphère. Je n’ai rien à te reprocher.
Ne change rien, avec toi on avance ensemble, rien ne s’efface, rien ne s’effiloche !
Chaque instant respire, chaque mot fait mouche.»